Lavaudieu était une abbaye de Bénédictines venues, dit-on, de La Chaise-Dieu. Une légende rapporte les raisons pour laquelle les religieuses s'établirent ici, vers la fin du XIème siècle : lorsque Saint Robert eut fondé l'abbaye de La Chaise-Dieu, il dut bientôt prévoir, à côté des bâtiments conventionnels, un monastère pour les femmes.
Peu après la création de cette maison, Judith, la fille du comte d'Auvergne Robert, demanda à y être admise.
Elle suivait l'exemple de son fiancé, Simon, comte de Bar-sur-Aube, qui, touché par la grâce, était entré dans les ordres. Or, peu de temps après, Simon se présenta à l'abbaye voisine : il y fut admis.
Saint Robert, craignant que le proche voisinage ne rallumât l'amour des anciens fiancés, décida de transporter plus loin le monastère des religieuses. C'est ainsi que vers la fin du XIème siècle les Bénédictines de La Chaise-Dieu s'installèrent dans ce village qui portait alors le nom de Comps. A la fin du XVème siècle, le roi Charles VIII accédant à une demande de l'abbé de La Chaise-Dieu, décida de changer le nom "vide et déshonnête" du prieuré : on l'appellerait désormais celui de la "Vallée de Dieu".
Au XVIème siècle on s'y écarta des règles données par Saint Benoît. Les religieuses devinrent des chanoinesses prébendées; ayant chacune logis indépendant et serviteurs particuliers, elles recevaient leur famille et savaient organiser en leur couvent, des fêtes quelque peu mondaines et parfois même des bals.
Cependant elles nourrissaient aussi des préoccupations religieuses : en 1779, le Père Gaschon d'Ambert vint à Lavaudieu prêcher une mission dont le souvenir est perpétué par la croix de fer forgé qui fut plantée sur la place. Le couvent disparut à la Révolution. Au nord, entre Lavaudieu et Fontannes, aux confins d'un bois et d'un pré, une voûte de maçonnerie abrite la fontaine Saint Eutrope, dont l'eau guérissait les estropiés. Dans la margelle, une cavité sert de bénitier...